Cartographie de l’Arctique

Comment effectuer des relevés hydrographiques ?

La qualité des relevés dépend de la précision de l'équipement utilisé.  De façon générale, plus les relevés sont récents, plus les données sont précises.

Une zone est considérée avoir fait l'objet d'un relevé adéquat quand les normes hydrographiques internationales établies pour les relevés ont été respectées. Ces normes comprennent des profils bathymétriques continus et des systèmes de radiocommunication modernes ou des systèmes de localisation par satellite, utilisés pour obtenir des données relatives à la position des navires.

Les relevés les plus récents permettent souvent de cartographier tout le fond marin et utilisent pour cela un sonar multifaisceaux, des systèmes à balayage multitransducteurs multiples et des systèmes de bathymétrie au laser aéroporté, permettant l'insonification presque complète du fond. On considère alors que le fond a fait l'objet d'un relevé hydrographique selon les normes modernes établies.

Quelle proportion de l’Arctique est cartographiée? (mise à jour en 2015)

Environ 10 % des eaux arctiques du Canada ont fait l'objet d'un relevé adéquat, et 1 % d'un relevé selon les normes modernes.

Environ 32 % des corridors maritimes de l'Arctique ont fait l'objet d'un relevé adéquat, et 3 % d'entre eux ont fait l'objet d'un relevé selon les normes modernes.

Corridor maritime

Un corridor maritime est une zone où l'on peut mesurer les divers transports maritimes à l'appui des activités de navigation et du développement économique, comme le réapprovisionnement des collectivités, l'exploitation minière, pétrolière et gazière, le tourisme et le passage.

La chronologie des événements

Mission Erebus et Terror

L'Arctique canadien s'étend sur toute la portion septentrionale du Canada, de la mer de Beaufort, à la baie de Baffin à l’Est, et vers le Sud jusqu'au 60e Nord du parallèle de latitude.

L’Arctique canadien couvre plus de 4,4 millions de kilomètres carrés et compte plus de 36 000 îles! Environ 47 % du territoire est immergé et comprend des lignes de côte découpées, caractérisées par des bras de mer, des chenaux, des fjords et des baies.

Les cartes marines sont les cartes routières des voies navigables du Canada. Elles fournissent aux navigateurs les renseignements dont ils ont besoin pour établir leurs itinéraires de navigation et faciliter le passage en toute sécurité.

Qui est responsable pour l’établissement des cartes marines au Canada ?

Le Service hydrographique du Canada (SHC) est composé d'experts en relevés hydrographiques et en cartographie marine. Son mandat consiste à produire et à fournir des cartes de navigation, des publications et des services pour les vastes eaux navigables du Canada.

En vertu du Règlement sur les cartes marines et publications nautiques de 1995, modifiant la Loi sur la marine marchande du Canada de 2001, et la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques, les navires qui empruntent les eaux canadiennes doivent posséder et utiliser les cartes nautiques et les publications connexes officielles du Service hydrographique du Canada. La Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (Convention SOLAS), dont le Canada est signataire, exige également que les États côtiers fournissent des cartes de navigation adéquates dans leurs eaux à titre de composante fondamentale de la sécurité de la navigation.

Avec qui est-ce que le SHC collabore pour cartographier le plancher de l’Arctique?

Grâce à des partenariats avec la Garde côtière canadienne, la Marine royale du Canada, Ressources naturelles Canada, Parcs Canada, ArcticNet et d'autres intervenants, le Service hydrographique du Canada peut accroître sa capacité à recueillir plus de données hydrographiques dans un environnement vaste et difficile, tout en appuyant la
souveraineté, l'archéologie et les sciences aquatiques du Canada.

  • Le rôle du Service hydrographique du Canada dans la préparation de la soumission du Canada à la Commission des limites du plateau continental, dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, est un exemple récent de sa volonté de collaborer pour atteindre des objectifs communs. Ces dernières années, le Service hydrographique du Canada a collaboré étroitement avec Ressources naturelles Canada, Affaires mondiales Canada (anciennement le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international), la Garde côtière canadienne et la Garde côtière des États-Unis pour cartographier le plateau continental canadien au-delà de la limite des 200 milles nautiques. Au cours de ce programme, le Service hydrographique du Canada a réussi à mettre à l'essai des véhicules sous-marins automatisés à titre de plateformes pour les sonars modernes. Parmi les autres avancées technologiques, on peut citer l'utilisation de sondeurs multifaisceaux et de systèmes laser aériens pour mesurer la profondeur de l'eau dans les zones proches des côtes.

  • Le Service hydrographique du Canada est également un acteur clé dans le vaste effort multipartite dirigé par Parcs Canada depuis 2008 en vue de retrouver les navires perdus du voyage entrepris par Sir John Franklin, soit le NSM Erebus et le NSM Terror. En 2014, le Service hydrographique du Canada a finalement été un acteur essentiel dans la découverte capitale du NSM Erebus. Dans chaque expédition, le Service hydrographique du Canada a fait le meilleur usage possible des diverses possibilités disponibles à bord du NGCC Sir Wilfrid Laurier pour réaliser des relevés dans les zones prioritaires sur le plan de la navigation et élargir les corridors maritimes dans l'Arctique, dont celui à proximité des zones de recherche du navire de Franklin. En 2014, le Service hydrographique du Canada a réalisé des levés hydrographiques de la zone et a dirigé la collecte de données bathymétriques ainsi que le déploiement de dispositifs bathymétriques à bord du NGCC Laurier et du NCSM Kingston. L'expédition du NCSM Kingston découle de la nouvelle collaboration entre le Service hydrographique du Canada et la Marine royale du Canada. Outre les levés hydrographiques, les sonars multifaisceaux du Service hydrographique du Canada ont été utilisés pour produire une image en trois dimensions d'un navire qui avait fait naufrage, et c’est cette même image qui s’est avérée en fin de compte capitale pour confirmer l’identité du NSM Erebus.

Qu'est-ce que la technologie multifaisceaux et comment ça fonctionne?

Le principal outil d'acquisition de données sur les profondeurs d'eau est l'échosondeur bathymétrique multifaisceaux, ou simplement « multifaisceaux ».

Le sonar multifaisceaux envoie des centaines de faisceaux sonores dans l'eau et retransmet les données à des ordinateurs afin que les hydrographes puissent « voir » la configuration des fonds marins.

Est-ce que les marées ont un effet sur les relevés hydrographiques?

Les renseignements sur les marées sont eux aussi essentiels à une cartographie précise. Les données sur les marées peuvent être recueillies à la surface, à l'aide d'observations de l'eau, et sous l'eau, à l'aide de marégraphes pouvant être abaissés jusque sur le fond marin et remontés à la surface à une date ultérieure.

Comment est-ce que le Service hydrographique du Canada détermine la zone arctique à cartographier en priorité?

Le transport maritime est le principal moyen de transport pour approvisionner les collectivités nordiques, représentant près de 95 % des marchandises livrées dans l'Arctique.

Le Nord du Canada connaît une croissance lente, mais soutenue du trafic maritime depuis ces dernières années, tant du trafic local que du « trafic de transit ». Cette tendance devrait se maintenir compte tenu de l'allongement de la période libre de glace et de la croissance économique de plus en plus marquée dans la région. De plus, la circulation touristique s'intensifie aussi, avec des navires de croisière et des embarcations de plaisance. Compte tenu de la vaste étendue de l'Arctique, comme l'aide peut mettre des heures à se rendre sur les lieux, la prévention est essentielle.

La priorité est accordée en se fondant sur une évaluation des zones et de la fréquence de l’utilisation des corridors maritimes de l'Arctique. Ces zones sont des plus cruciales pour assurer la sécurité et la sûreté du transport maritime.

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